La transformation des organisations devient folle… jusqu’où pourrons nous nous adapter ?

Les différentes émotions s'expriment dans l'entreprise

Le cadencement de plus en rapide des transformations organisationnelles se heurte aux capacités biologiques de la lente évolution de l’homme. La capacité d’adaptation peut être réfléchie en termes d’homme augmenté ou d’assistance via l’IA ; toutefois la quête de LA solution de l’accompagnement de la transformation des collaborateurs doit être construite en incluant un fondamental : l’émotionnel.

Transformations de l'homme Vs transformation des moyens de communication

Pour illustrer l’accroche de ce titre, portons avant tout notre regard sur la 1ère partie de la photo illustrant la longue et lente évolution de l’homme. Et posons-nous une petite question : quelle est la durée de cette évolution ? On parle de 3 millions (voir 7 pour les écoles partisanes du  » pré humain ») d’années d’évolution pour l’homme. Regardez ensuite la partie basse de l’image qui, elle,  articule les grandes dates des inventions qui ont marqué l’évolution de la communication orale et écrite. Vous allez me dire : Oui …et alors ? Et bien je vous invite à partager :

  • un constat

L’accélération constante voir l’emballement depuis quelques années des outils et moyens mis à notre disposition pour communiquer, interagir, échanger. Les écarts entre les révolutions technologiques se réduisent considérablement. Il a fallu 2 millions d’années pour passer du langage articulé à l’écriture, 50 siècles pour passer de la calligraphie à  l’imprimerie, 5 siècles entre l’imprimerie et le téléphone, 1 siècle entre le combiné et le mail. Puis en ¼ de siècle, nous avons vu se succéder le web, les réseaux sociaux le smartphone les messageries instantanées dans un cadencement qui frôle désormais l’annuité. Et tous autant que nous sommes, nous nous inscrivons dans la course vers les nouveaux usages, dans leur intégration à nos modes de fonctionnement, de consommation, d’expérience utilisateurs. Nous en sortons des projets qui s’empilent sous forme de mille feuilles tous aussi urgents les uns que les autres.

  • Et de ce constat, un questionnement

Jusqu’où l’échelle biologique de l’évolution de l’homme (extrêmement lente mais qui régit nos comportements et donc nos interactions avec les autres)  est  en capacité d’intégrer à cadence de plus en plus soutenue les évolutions technologiques ? Oui le cerveau a une plasticité, oui Elon Musk a prévu le lacet digital  pour nous doper artificiellement, oui l’IA nous promet l’homme augmenté…mais quelle sera alors la prochaine étape ? Y aura-t-il une limite ?

Se poser ces questions  en terme de courses  « forcées »  à l‘intégration  de tous ces moyens a-t-il un sens ?  Je reste convaincu que le succès de vos projets ne reposera pas sur la mobilisation  de toute  l’actualité geek du moment mais bien davantage dans la capacité « émotionnelle» des hommes à vivre ces transformations. Et là l’IA et la technicité de ces algorithmes ne sont pas encore au RDV (NB : mêmes si certains faits divers restent toutefois  à objectiver à l’image du suicide par noyade du robot vigile  japonais).

A tous les moments de vos projets, l’investissement « émotionnel » ne doit pas être un grand bluff du travail à la cool.

Personnes qui dialoguent en entreprise sans documents, contraintes

L’homme reste cet animal social qui a besoin de liens pour puiser un intérêt vital. Il reste cet être complexe qui parce qu’il a une capacité à s’organiser communautairement peut avancer plus fort plus loin. C’est pour cela qu’il reste fondamental dans l’ADN de notre cabinet d’aller et de rester au contact du terrain  et des hommes et femmes qui incarnent « l’extrémité» de tous vos projets.

A tous les moments de vos projets, l’investissement « émotionnel » ne doit pas être un grand bluff du travail à la cool. Il doit être critère d’engagement, de mesure et de succès sur les 4 piliers du Change management : le sens (Suis-je compris et suivi), la décentration (Suis-je ancré dans la réalité terrain), le Sur mesure (Comment je fais grandir mes collaborateurs), le rythme (Comment je peux accélérer la transformation) ne sont pas encore sous le contrôle  et l’arbitrage des calculs quantiques. Dire « on n’a pas le temps » d’aller sur le terrain, c’est se priver aujourd’hui d’être un  facilitant dans  l’autonomisation de ses collaborateurs.

Les piliers du Change management restent. Les moyens pour adresser la transformation des organisations évoluent mais ne restent que des moyens. Que l’on soit partisan de l’adaptive Learning, de l’intelligence collective, de la gamification, la perméabilité du terrain reste souveraine dans la réussite de vos transformations.

Jean Philippe DEVILLARD

Directeur